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Renaissance du secteur de la technologie au Canada

Auteur(s) : Chad Bayne, Geoffrey Taber

9 janvier 2014

Renaissance du secteur de la technologie au Canada


À une certaine époque, le Canada jouissait d’un secteur de la technologie dynamique comptant sur des noms reconnus comme ATI, Creo, Cognos, Corel, JDS Fitel, Newbridge, Nortel et PMC. L’éclatement de la bulle « point‑com » a sonné, en partie, la fin d’une époque pour ce secteur de l’économie canadienne. Au fil du temps, ces titans du secteur canadien de la technologie ont été acquis par des sociétés étrangères ou ont été affaiblis d’une autre façon.

Heureusement, les répercussions indéniables de l’incroyable renaissance d’Apple, de l’ascension fulgurante de Salesforce.com, du succès soutenu de Google, des premiers appels publics à l’épargne lancés aux États-Unis par les poids lourds des réseaux sociaux, soit Facebook, Twitter et LinkedIn (sans oublier leurs solides résultats commerciaux), ainsi que l’émergence des sociétés technologiques de nouvelle génération en phase de démarrage aux États‑Unis comme Box, Uber, Palantir et Square ainsi que l’appétit des marchés financiers des États‑Unis pour d’autres premiers appels publics à l’épargne de sociétés du secteur de la technologie, ont contribué à renouveler l’intérêt pour ce secteur au Canada. Même dans un univers caractérisé par la chute de Nortel et la saga BlackBerry en cours, le secteur de la technologie au Canada a été le théâtre d’une grande transformation au cours des trois dernières années et, compte tenu de l’émergence d’une nouvelle génération de sociétés très intéressantes, nous sommes prêts à accueillir un nouvel « âge d’or ».

Pour plusieurs acteurs du secteur, le mois d’octobre 2011 a marqué un point d’inflexion. OMERS, l’un des plus importants régimes de retraite au Canada, a lancé sa propre division de capital de risque, soit
OMERS Ventures, en vue de s’attaquer à l’un des problèmes les plus sérieux minant le secteur du capital de risque au Canada : le manque d’apport constant de capitaux et l’impatience, surtout pour les entreprises dont la croissance dépend de grands apports de capitaux. Avant la création d’OMERS Ventures, les entreprises canadiennes de technologie au stade de développement devaient rechercher du financement, pour assurer leur expansion et leur croissance, auprès d’investisseurs étrangers (surtout aux États‑Unis, ce qui entraînait souvent le déménagement de l’entreprise aux États-Unis) ou envisager la vente comme seule autre solution de rechange viable. Depuis sa mise sur pied, OMERS Ventures a conclu un placement presque tous les mois et a participé à certains des plus importants investissements en capital de risque jamais réalisés dans l’histoire des sociétés informatiques canadiennes, dont un investissement de 80 millions de dollars (de concert avec NEA) dans Desire2Learn, de Kitchener-Waterloo, et un investissement de 165 millions de dollars (conjointement avec Insight et Accel) dans HootSuite, de Vancouver.

En essayant de reproduire le succès d’accélérateurs technologiques des États‑Unis comme Y Combinator et Techstars, le Canada a assisté à une prolifération d’accélérateurs d’un océan à l’autre, notamment Extreme Startups, à Toronto, GrowLab, à Vancouver, FounderFuel, à Montréal, et Hyperdrive, à Kitchener-Waterloo. Dans chaque cas, l’accélérateur procure des bureaux, un mentorat et un petit capital de démarrage. En outre, la Banque de développement du Canada fournit un financement supplémentaire à chaque diplômé d’accélérateur sous la forme d’un billet convertible de 150 000 $.

Le gouvernement fédéral a démontré son engagement indéniable envers le secteur en annonçant (dans le cadre de son budget de 2012) qu’il réserverait 400 millions de dollars pour des investissements dans des fonds de capital de risque canadiens. Le gouvernement de l’Ontario l’a imité en annonçant, en mars 2013, qu’il constituerait une provision de 50 millions de dollars pour un nouveau fonds de capital de risque en Ontario. De plus, il continue à jouer un rôle d’investisseur direct actif grâce à des programmes comme la Société ontarienne de financement de la croissance (qui égale les investissements faits par des investisseurs admissibles) et le MaRS Innovation Accelerator Fund (qui procure un capital de démarrage d’au plus 500 000 $ à des entreprises en démarrage prometteuses en Ontario).

Les universités canadiennes contribuent aussi de façon active à la renaissance du secteur de la technologie au Canada. Le programme The Next 36, élaboré conjointement avec la School of Continuing Studies de l’Université de Toronto, a été conçu pour soutenir et promouvoir la prochaine génération d’entrepreneurs canadiens. Le programme forme actuellement sa quatrième cohorte, et des sociétés comme Kira Talent, Seamless Mobile + Health et Bridgit se sont démarquées à titre d’entreprises viables qui sont en mesure de recruter des clients et de compléter leur financement en capital de démarrage. Le professeur Ajay Agrawal, de la Rotman School of Business, a dirigé les travaux de Rotman dans la création de Creative Destruction Lab favorisant la croissance et la création de sociétés de technologie massivement évolutives, dont la majorité (notamment Thalmic Labs, Bionym et Weston Expressions) ont conclu des financements de démarrage depuis qu’elles ont participé au programme (ou durant le programme, dans certains cas). De la même façon, l’Université de Waterloo a établi le programme VeloCity pour encourager l’entrepreneuriat auprès de ses étudiants en offrant un financement de démarrage, des bureaux gratuits, des ateliers, des occasions de réseautage et l’accès à des mentors. Kik Interactive, l’un des plus importants services de messagerie électronique au monde, comptant environ 100 millions d’utilisateurs, et BufferBox, qui a été vendu à Google à la fin de 2012 après seulement 18 mois d’exploitation, sont des « diplômés » de ce programme.

Toute cette activité commence à faire sa place dans les données sur le capital de risque canadien; l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement a déclaré que le troisième trimestre de 2013 a été le plus vigoureux des six dernières années en matière de sommes investies.

En outre, les marchés canadiens des capitaux, qui ont largement délaissé pendant plusieurs années le secteur de la technologie au profit d’émetteurs des secteurs des ressources et des placements générant des rendements, ont suivi l’exemple des États‑Unis et sont maintenant plus réceptifs aux premiers appels publics à l’épargne de sociétés du secteur de la technologie. Halogen, entreprise d’Ottawa qui fournit des solutions de gestion du talent fondées sur un logiciel-service, a conclu son premier appel public à l’épargne d’une valeur de 63 millions de dollars en mai 2013, suivi d’un placement secondaire par voie de prise ferme d’une valeur de 24 millions de dollars seulement quatre mois plus tard. ViXS Systems, entreprise de semiconducteurs de Toronto, a obtenu 50 millions de dollars dans le cadre d’une opération visant son inscription à la bourse par voie de prise de contrôle inversée d’une société de capital de démarrage directement à la TSX (plutôt qu’à la Bourse de croissance TSX). Finalement, en novembre, Baylin Technologies, fournisseur de solutions d’antennes novatrices, a conclu son premier appel public à l’épargne d’une valeur de 50 millions de dollars à la TSX. Plusieurs autres sociétés du secteur de la technologie ont pris des notes et nous prévoyons que 2014 sera une année charnière en matière de premiers appels publics à l’épargne pour les sociétés canadiennes de technologie.

Les perspectives du secteur n’ont jamais été aussi reluisantes. Alors que la prochaine génération de vedettes, comme HootSuite, Bionym, Builddirect, Desire2Learn, FreshBooks, Real Matters, Shopify, Thalmic, Verifyn, Vision Critical, Wattpad et Wishabi, gagne rapidement en importance, le secteur de la technologie canadienne s’est de nouveau remis sur la voie du succès à l’échelle mondiale.


Pour que le Canada accède à la prospérité, il faudra d’abord établir une économie durable fondée sur le savoir. Nos innovateurs et entrepreneurs sont capables de tirer leur épingle du jeu à l’échelle internationale, et notre vrai défi consiste à leur fournir le soutien dont ils ont besoin pour mettre sur pied des entreprises de classe mondiale dans le futur. Nous sommes très heureux de nous être récemment joints aux Centres d’excellence de l’Ontario à titre de cofondateurs ainsi qu’à l’Université Ryerson en tant que partenaires scolaires fondateurs de OneEleven, une communauté d’entrepreneurs doués et guidés par les données, et nous espérons que ce groupe de gens présidera à la création des meilleures entreprises technologiques en démarrage de Toronto.

La culture de OneEleven est axée sur la collaboration et combine la recherche universitaire et l’entrepreneuriat. Cette culture permettra de résoudre certaines des difficultés liées au processus de commercialisation et aussi de créer des occasions pour les entrepreneurs en misant sur des procédés informatiques à puissance élevée qui sont par ailleurs très complexes et guidés par les données. Il s’agit d’une étape importante et excitante du processus de création d’entreprises de haut niveau et du processus de formation d’entrepreneurs de qualité, et nous sommes ravis de pouvoir compter sur Osler pour mener ce projet à bien.

John Ruffolo
Président et chef de la direction
OMERS Ventures


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