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Rapport sur les pratiques de divulgation en matière de diversité – secteur des services publics et des pipelines

21 février 2020

Selon les conseils en recrutement de cadres, la première exigence des conseils d’administration qui recrutent de nouveaux directeurs est l’expérience à titre de chef de la direction ou de directeur financier. Dans de nombreux secteurs où relativement peu de femmes accèdent à des postes de directeur financier et, en particulier, de chef de la direction, cela peut gêner les entreprises qui cherchent à mettre en place une culture de diversité au sein de leur équipe de direction.

Toutefois, Fortis Inc., une entreprise de services publics ayant son siège social à St. John’s, disposant d’un chiffre d’affaires de 8,4 milliards de dollars et dont les actifs et les activités se situent dans cinq provinces canadiennes, neuf états américains et trois pays des Caraïbes totalisent 52 milliards de dollars, y est arrivée. Fortis compte cinq femmes au sein de son conseil d’administration de 11 membres. En plus de leur expérience variée dans des postes de direction, trois sont d’anciennes directrices financières, une est une ancienne présidente et chef de la direction, et l’autre a déjà été chef de l’exploitation.

Comment y sont-elles parvenues? La réponse la plus simple est que Fortis n’a pas limité sa recherche aux femmes évoluant dans son propre secteur. C’est une pratique que de nombreux conseils d’administration ont mise en œuvre, mais qui, à première vue, semble plus répandue dans le secteur des services publics et des pipelines qui domine tous les secteurs en ce qui a trait à la proportion de femmes siégeant aux conseils d’administration et occupant des postes de haute direction.

En plus de Fortis, notons en guise d’exemple les conseils d’administration de sociétés comme Enbridge, Emera, TransAlta, Hydro One et Capital Power qui comptent tous quatre ou cinq femmes dans des postes de direction, qu’elles soient d’anciennes chefs de la direction, présidentes, directrices financières, directrices générales ou chefs de groupe ou qu’elles aient occupé auparavant d’autres fonctions similaires.

Toutefois, même dans ce secteur, il existe des exemples de conseils d’administration où l’on ne retrouve qu’une seule femme dans un poste de direction, parfois même aucune. Les résultats obtenus par d’autres entreprises de ce secteur suggèrent que ces conseils d’administration ne font pas assez d’efforts ou ne font pas de la diversité une priorité.

Les plus récentes données sur la diversité

Comme nous l’avons mentionné, les données sectorielles globales compilées pour le Rapport sur les pratiques de divulgation en matière de diversité 2019 d’Osler établissent le secteur des services publics et des pipelines comme l’industrie à imiter. En ce qui a trait au pourcentage de femmes dans des postes de direction, ce secteur venait en tête avec un taux de 30 % en milieu d’année 2019, contre 18 % pour l’ensemble du groupe des 657 entreprises inscrites à la cote du TSX qui ont divulgué leurs informations. La moyenne de 3,11 femmes par conseil d’administration dans le secteur des services publics et des pipelines représente plus du double de la moyenne de 1,44 pour les entreprises inscrites à la cote du TSX (les 657 entreprises qui ont divulgué de telles données).

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes siégeant au conseil d’administration en 2019

En ce qui concerne les femmes occupant des postes de haute direction à la mi-2019, le secteur des services publics et des pipelines s’est classé au premier rang pour le nombre moyen de cadres dirigeantes par entreprise, soit 3,84, contre 1,73 pour l’ensemble des entreprises inscrites à la cote de la TSX dans le rapport d’Osler (les 609 entreprises qui ont divulgué de telles données). En pourcentage, à la mi-2019, les femmes représentaient 22 % des cadres dirigeants du secteur, ce qui plaçait ce dernier au troisième rang, à égalité avec le secteur des produits et services de consommation, derrière celui de l’immobilier et celui des produits forestiers et du papier. La moyenne parmi toutes les entreprises inscrites à la cote de la TSX qui ont divulgué leurs données dans cette catégorie (588 entreprises) était de 17 %.

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes à la haute direction en 2019

Évolution des tendances depuis 2015

L’histoire positive de ce secteur se reflète également dans les progrès réalisés par les femmes depuis 2015, tant dans les conseils d’administration que dans les postes de cadres dirigeants. Le pourcentage de directrices à la mi-2019 a augmenté de 50 % (30 %, comparativement à 20 % en 2015). Le nombre moyen de directrices par conseil d’administration s’est accru à peu près au même rythme (3,11 par conseil d’administration à la mi-2019 contre 2,06 en 2015). Le pourcentage de femmes occupant un poste de direction dans le secteur des services publics et des pipelines a également augmenté de près de 50 %, selon les données d’Osler (22 % à la mi-2019 contre 15 % en 2015), tandis que le nombre de cadres dirigeantes par entreprise a augmenté à un rythme plus modeste (3,84 contre 3,0). En comparaison, les gains en pourcentage pour toutes les entreprises inscrites à la cote de la TSX entre 2015 et la mi-2019 étaient de 50,7 % pour les femmes occupant un poste de direction et de 20,7 % pour les femmes occupant un poste de haute direction.

Nombre de femmes à la haute direction dans le secteur des services publics et des pipelines

Des données similaires compilées par le Conseil canadien pour la diversité administrative (CCDA) [PDF], qui se rapportent exclusivement aux entreprises composant le FP500, montrent un taux de changement plus lent, du moins parmi les grandes entreprises de services publics que le CCDA mesure séparément plutôt que de les combiner avec les sociétés du secteur des pipelines. Dans ce groupe, le pourcentage de femmes siégeant à des conseils d’administration est passé de 27,1 % en 2015 à 30,1 % en 2018. Le changement a été encore plus progressif pour les femmes occupant des postes de haute direction (données que le CCDA n’a commencé à compiler qu’en 2016), passant de 23,2 % à 24,3 % en 2018.

De plus, selon les données d’Osler, 21,4 % des chefs de la direction des entreprises du secteur des services publics et des pipelines sont des femmes, contre 3,5 % pour l’ensemble des entreprises de tous les secteurs.

Pratiques exemplaires et leaders du secteur

Le rapport annuel du CCDA révèle quelques tendances sectorielles qui pourraient aider à expliquer les taux relativement élevés de diversité dans le secteur des services publics et des pipelines. Selon ce rapport, le secteur des services publics se classe premier pour le pourcentage de conseils d’administration (55,6 %) qui ont des objectifs de diversité en ce qui a trait au nombre de femmes dans des postes de direction, et deuxième pour les conseils d’administration qui ont une politique écrite en matière de diversité (66,7 %).

Les recherches d’Osler ont mis en évidence deux entreprises qui ont fait preuve de leadership dans ces domaines particuliers.

  • TC Energy – Cette société a des objectifs concernant le nombre de femmes dans des postes de haute direction et les progrès font l’objet d’un suivi officiel et revus chaque année par le comité des ressources humaines du conseil d’administration et la direction de l’entreprise.
  • Hydro One – Cette société favorise le changement de culture et la suppression des obstacles systémiques en utilisant un langage non sexiste dans les communications externes et internes et en promouvant une culture qui accepte les femmes comme leaders dans les postes de haute direction.

Dawn Farrell, présidente et chef de la direction de TransAlta depuis 2012, est une dirigeante très en vue qui s’est engagée à faire progresser les meilleures pratiques en matière de diversité. Ardente défenseure des programmes de mentorat et de réseautage, ainsi que de l’égalité des voix et des salaires des femmes dans le milieu de travail, elle est une membre clé du Conseil canado-américain pour l’avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprises.

Comparaison mondiale

Périodiquement, la société internationale de conseil EY publie un indice concernant les femmes dans le secteur de l’électricité et des services publics qui mesure la diversité au sein des 200 principales entreprises de services publics mondiales classées en fonction de leurs revenus. D’après ces données, les femmes sont sous-représentées dans ce secteur dans toutes les régions du monde. Il existe toutefois des différences importantes.

Le pourcentage d’administratrices ne faisant pas partie de la haute direction dans les conseils d’administration des compagnies d’électricité et de services publics est élevé en Amérique du Nord (25 %) et en Europe (26 %), chiffres qui sont toutefois de loin supérieurs à ceux de l’Amérique latine et des Caraïbes (7 %), de l’Afrique et du Moyen-Orient (11 %) et de l’Asie-Pacifique (13 %).

Selon EY, les services publics de l’Amérique du Nord ont le pourcentage le plus élevé de femmes occupant des postes de haute direction (22 %), suivis par ceux de l’Europe (15 %), de l’Amérique latine et des Caraïbes (13 %), de l’Afrique (9 %) et de l’Asie-Pacifique (9 %).

L’inégalité des progrès entre les régions, et dans une poignée d’entreprises retardataires au Canada, est un aspect qui continue à exiger des améliorations. Toutefois, contrairement à d’autres, ce secteur bénéficie de la disponibilité de leaders et de modèles.