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La diversité parmi les administrateurs et les dirigeants dans le secteur de la technologie au Canada

Le 13 octobre 2021

Cet article a été mis à jour à partir des informations tirées de notre rapport 2021 intitulé Pratiques de divulgation en matière de diversité – La diversité au sein de la direction et des conseils d’administration des sociétés ouvertes canadiennes. Vous pouvez télécharger le rapport complet [PDF] pour en apprendre davantage.

Le secteur de la technologie a la réputation d’être toujours à la traîne dans son approche à l’égard de la diversité et de l’inclusion. La pandémie pourrait cependant être le catalyseur qui contribuera à changer cette perception. Le télétravail étant maintenant une nécessité et largement accepté, les employeurs peuvent recruter sans être limités par l’emplacement des candidats. Ils ont ainsi accès à un bassin de candidats plus diversifiés, ce qui devrait contribuer à accroître l’éventail de futurs dirigeants issus de minorités et de groupes sous-représentés.

Du déjà vu

Jusqu’à présent, le recrutement par les sociétés de technologie américaines était limité par la géographie. Selon un rapport de Bloomberg (en anglais), la région de la baie de San Francisco et le corridor Boston-New York-Washington représentent environ deux tiers de tous les investissements financés par le capital de risque aux États-Unis. D’après la Brookings Institution (en anglais), seulement cinq zones métropolitaines d’innovation, soit Boston, San Francisco, San Jose, Seattle et San Diego, représentaient plus de 90 % de la croissance du secteur de l’innovation du pays entre 2005 et 2017.

Au Canada, les quatre plus grands marchés de la technologie sont Toronto, Montréal, Vancouver et Ottawa, chacun ayant un bassin de plus de 50 000 travailleurs, selon le rapport de CBRE : 2020 Scoring Canadian Tech Talent (en anglais) [PDF]. Calgary, Québec et Edmonton, des marchés de taille moyenne, disposent d’un bassin de 25 000 à 50 000 travailleurs. À l’échelle nationale, le nombre de postes en technologie a augmenté de 22,5 % au cours des cinq dernières années. 

Même si les sociétés de technologie effectuent leur recrutement à l’extérieur de ces régions, il peut être difficile de convaincre les candidats d’une autre partie du pays, surtout ceux issus de communautés sous-représentées, de s’installer à un autre endroit. Non seulement ils s’éloigneraient de leurs réseaux sociaux et de leurs systèmes de soutien, mais la concentration de travailleurs du secteur de la technologie dans les zones d’activité, comme la baie de San Francisco, Boston et Vancouver, fait grimper le coût de la vie à ces endroits.

Grâce à l’environnement de travail virtuel, l’emplacement géographique devient moins problématique en ce qui a trait au recrutement de candidats diversifiés. Par exemple, la société canadienne Shopify encourage le télétravail et le recrutement à distance. Sur son site Web, la société annonce que si elle possède une entité là où un candidat est légalement autorisé à travailler, il peut être embauché directement en tant qu’employé. Dans tous les autres pays, le candidat peut travailler en tant que fournisseur.

Évolution des tendances depuis 2015

Les résultats des enquêtes d’Osler entre 2015 et 2021 permettent de constater que, malgré une amélioration marquée de leur représentation au fil des ans –qui est passée de 10 % en 2015 à 19 % en 2021 –, les femmes demeurent sous-représentées au sein des conseils d’administration dans le secteur de la technologie.

Le taux s’est amélioré pour les postes de haute direction. Nos résultats indiquent que le pourcentage de femmes occupant des postes de haute direction dans des sociétés de technologie est passé de 9,7 % en 2015 à 18 % en 2021. 

Le taux d’augmentation de la représentation des femmes et des groupes minoritaires dans le secteur a été négligeable au cours des six dernières années. Selon CNBC (en anglais), le taux de représentation des Noirs au sein de l’effectif de Facebook est passé de 3 % à 3,8 % en six ans. Une étude réalisée (en anglais) [PDF] en 2019 par le Brookfield Institute for Innovation + Entrepreneurship (PDF en anglais) a révélé que seulement 2,6 % de la main-d’œuvre technique canadienne était issue de la communauté noire.  

Selon le rapport The State of Women in Tech 2020 (en anglais) de DreamHost, seulement 26 % des emplois du secteur informatique aux États-Unis sont occupés par des femmes. De plus, le taux de roulement du secteur de la technologie est deux fois plus élevé pour les femmes que pour les hommes. Selon la société de données financières et de logiciels PitchBook, les femmes fondatrices n’ont apporté que 2,2 % des fonds de capital de risque aux États-Unis en 2018. Cependant, il importe de noter que les femmes représentent moins de 10 % du pouvoir décisionnel des sociétés de capital de risque.

Selon le rapport 2020 Women in US Technology Leadership (en anglais) [PDF] de la Silicon Valley Bank, seulement 14 % des entreprises américaines en démarrage ont une femme comme PDG, et la plupart d’entre elles sont des sociétés dont les équipes fondatrices comprennent au moins une femme. Le rapport a révélé que 41 % des entreprises de technologie américaines en démarrage comptaient au moins une femme dans un rôle de haute direction et 37 % comptaient au moins une femme sur leur conseil d’administration. Cela représente une baisse comparativement au rapport de 2019 (en anglais) [PDF], qui indiquait des pourcentages de 56 % et de 40 % respectivement.

Les plus récentes données sur la diversité

Le Rapport sur les pratiques de divulgation en matière de diversité 2021 [PDF] d’Osler révèle qu’en 2021, 19 % des membres des conseils d’administration des sociétés de technologie étaient des femmes (en hausse par rapport à 17 % en 2020), comparativement à 22 % pour l’ensemble des sociétés inscrites à la cote de la TSX. Par conseil d’administration, le nombre d’administratrices était de 1,42, alors qu’il était de 1,83 dans l’ensemble des sociétés inscrites à la cote de la TSX.

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes administratrices en 2021

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes administratrices en 2021

Au milieu de l’année 2020, le pourcentage de femmes à la haute direction dans le secteur de la technologie était supérieur à celui de 2019.

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes à la haute direction en 2021

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes à la haute direction en 2021

Femmes à la haute dirigeantes

Pratiques exemplaires et leaders du secteur

Au cours de la dernière année, les grandes sociétés de technologie ont fait un pas en avant pour renouveler leur engagement à l’égard de la diversité et de l’inclusion. En 2020, Amazon a annoncé son intention de doubler la représentation des vice-présidents et des administrateurs de la communauté noire sur une période de deux ans. Cette année, Facebook s’est engagé à consacrer 1 G$ par an à des fournisseurs diversifiés, et 100 M$ à des entreprises appartenant à des Noirs. Google a promis d’améliorer la représentation des Noirs dans les postes de direction et s’est engagé à augmenter de 30 % celle des groupes sous-représentés d’ici 2025. Microsoft investit 150 M$ de plus dans la diversité et l’inclusion, tout en s’engageant à doubler le nombre de gestionnaires, de hauts dirigeants et de collaborateurs individuels de haut niveau issus de la communauté noire d’ici 2025. En janvier, Apple a lancé un centre mondial d’innovation et d’apprentissage pour les collèges et universités traditionnellement noirs et la société fournit désormais des fonds de capital de risque aux entrepreneurs à la peau noire ou brune.

En 2019 au Canada, l’incubateur d’entreprises en démarrage DMZ de l’Université Ryerson a établi une bourse d’innovation destinée aux Noirs, un programme d’incubation qui offre des ateliers de programmation, des occasions de mentorat et des possibilités de réseautage aux futurs leaders noirs du secteur de la technologie. DMZ a augmenté l’objectif de financement de la bourse de 1 M$ dans le but de servir cinq fois plus de participants qu’à l’heure actuelle.

Aux États-Unis, Backstage Capital a été établi en 2016 et a depuis fourni des fonds à plus de 170 entreprises dirigées par des fondateurs issus de groupes sous-représentés. Un autre organisme américain à but non lucratif, Project Include, travaille avec quelques entreprises à la fois pour favoriser la diversité d’une manière inclusive et responsable. Cette organisation se concentre sur les petites et moyennes entreprises en démarrage dont les PDG se sont engagés à créer un milieu inclusif.

Au Canada, des dirigeants des secteurs de la technologie et de l’innovation ont lancé la Coalition of Innovative Leaders Against Racism (en anglais) (CILAR), une initiative qui vise à éliminer le racisme systémique et à créer des occasions pour les Noirs, les Autochtones et les personnes de couleur.

Comparaison mondiale

En avril, plusieurs sociétés, dont Dell, Intel et Snap Inc., ont lancé l’Alliance for Global Inclusion (en anglais) avec la promesse de faire progresser la diversité et l’inclusion en milieu de travail et de partager les données sur les initiatives visant à lutter contre la disparité dans la représentation des sexes et des races. Au début de l’année, l’influent Silicon Valley Leadership Group (en anglais), comptant des centaines de membres, dont les grandes entreprises de technologie, a mis au défi ses sociétés membres de confier 25 % de leurs postes de direction à des groupes sous-représentés d’ici 2025.

Facebook et Google ont récemment ouvert des bureaux à Atlanta, une ville située à l’extérieur de la zone technologique traditionnelle des États-Unis, qui compte un nombre important de travailleurs du secteur de la technologie, et dans un État où le coût de la vie est plus abordable que dans les autres États de cette zone. Cela représente une occasion pour Facebook et Google d’établir des stratégies de recrutement visant à diversifier leurs effectifs.

Grâce à l’engagement renouvelé des grandes sociétés de technologie et à l’augmentation du nombre de femmes siégeant aux conseils d’administration et occupant des postes de direction, l’avenir de la diversité et de l’inclusion dans le secteur de la technologie s’annonce meilleur qu’il y a quelques années.