Passer au contenu

La diversité parmi les membres des conseils d’administration et aux postes de direction du secteur des communications et des médias au Canada

Le 13 octobre 2022

Cet article a été mis à jour à partir des informations tirées de notre rapport 2022 intitulé Pratiques de divulgation en matière de diversité – La diversité au sein de la direction et des conseils d’administration des sociétés ouvertes canadiennes. Vous pouvez télécharger le rapport complet pour en apprendre davantage.

Selon Rohini Mukherji, « la diversité repose sur l’inclusion ».

Vice-présidente de Narrative PR, et cofondatrice et animatrice d’ABCDEI, balado qui « vise à abattre les préjugés, un à la fois », elle soutient que la mise en œuvre d’initiatives axées sur la création de lieux de travail inclusifs est la clé de l’apport de changements à long terme. « Le problème, avec l’obsession de la diversité, explique-t-elle dans une entrevue accordée au magazine Canadian SME, c’est que cela peut rapidement se traduire par une tactique et entraîner un changement à court terme. Par ailleurs, si vous, en tant que chef d’entreprise, avez pris l’engagement de déployer les efforts nécessaires à l’inclusion, la diversité s’en suivra. »

Et Rohini Mukherji sait de quoi elle parle. En plus de s’acquitter de ses fonctions au sein de Narrative PR, elle préside le comité de marketing de la Fondation de la Société canadienne des relations publiques (SCRP), organisme caritatif voué à l’avancement de la profession et à la pratique des relations publiques, en accordant, notamment, des bourses d’études et des prix. En 2020, la Fondation a lancé une bourse destinée aux Autochtones qui étudient en vue de devenir des professionnels des relations publiques, et elle fait équipe avec Indspire, organisme caritatif autochtone national, pour administrer le programme.

« Cette bourse d’études représente une étape importante, attendue depuis longtemps, de notre détermination à l’égard de la diversité, de l’inclusion et de l’engagement au sein de notre profession », précise Rohini Mukherji.

Accroître les efforts visant la diversité

La Fondation de la SCRP n’est pas la seule à intensifier les efforts visant la diversité. Les sociétés, les agences et les associations du secteur des médias et des communications scrutent de plus près leur culture, leurs politiques et leur milieu de travail afin de mieux comprendre ce qu’elles font de bien et ce qu’elles pourraient améliorer. Ce secteur a joué un rôle de premier plan en ce qui concerne la diversité des genres ; au fil des ans, il s’est positionné près du sommet de la liste quant au pourcentage de femmes occupant des postes de direction au sein de sociétés cotées à la bourse de Toronto dans le cadre des rapports d’Osler sur les pratiques exemplaires de divulgation en matière de diversité – même s’il faut noter que le nombre de femmes aux commandes de sociétés ne représente qu’une fraction du nombre de femmes occupant des postes de premier échelon. Cela dit, le secteur semble avoir décidé que le moment est venu de tenir compte de la diversité au-delà du genre. C’est particulièrement pertinent à la lumière de la récente augmentation des exigences en matière de divulgation – outre le genre, les sociétés constituées en vertu de la Loi canadienne sur les sociétés par actions sont tenues de divulguer les renseignements ayant trait aux minorités visibles, aux Autochtones et aux personnes ayant une incapacité.

Pratiques exemplaires et leaders du secteur

Prenons, par exemple, Corus Entertainment – société figurant dans le rapport d’Osler Pratiques de divulgation en matière de diversité 2021. Corus est considérée par plusieurs comme une pionnière sur le plan de la diversité, ouvrant la voie à des pratiques exemplaires, notamment en créant un Conseil de la diversité et de l’inclusion, composé d’employés issus des quatre coins de l’entreprise, en parrainant des initiatives telles que le Programme Corus Media Management Accelerator, conçu à l’intention des professionnels de l’écran prometteurs et en finançant des bourses destinées aux étudiants autochtones qui poursuivent leurs études postsecondaires au Canada. Toutefois, à la suite du décès de George Floyd et de la montée du mouvement « Black Lives Matter », l’entreprise a pris l’audacieuse initiative de faire appel à un examinateur externe pour examiner en profondeur les efforts qu’elle a déployés en matière de diversité et d’inclusion, plus particulièrement en plaçant l’accent sur l’expérience des employés de Corus. En novembre 2020, l’entreprise a fait part des principales conclusions de son examen à ses employés et au public – ainsi que de son plan d’avenir, soit une formation relative à l’inclusion à l’intention de tous les dirigeants et des employés, ainsi que du recrutement proactif de candidats issus de groupes sous-représentés. Corus continue de publier des rapports trimestriels sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de son plan pluriannuel.

Les statistiques sur la diversité au-delà du genre dans ce secteur sont rares, mais cela aussi pourrait commencer à changer, étant donné que les appels à la divulgation et à la transparence se font avec de plus en plus de vigueur et d’insistance. Par exemple, en 2021, l’Association Canadienne des Journalistes (CAJ) a lancé le premier sondage sur la diversité dans les salles de rédaction canadiennes, qualifié de premier sondage représentatif de la diversité dans les médias. Afin de gérer la représentation dans le secteur, l’ACJ soutient qu’il faut d’abord mesurer le taux de diversité dans les salles de presse à l’échelle du pays. Même si les efforts déployés par le passé pour sonder le secteur se sont révélés très peu fructueux (par exemple, en 1994, lorsque l’Association canadienne des journaux a fait parvenir des questionnaires de sondage à 82 rédacteurs en chef au pays, seulement la moitié d’entre eux y ont répondu), cette fois, il y a davantage lieu d’être optimistes. Au total, 202 salles de presse au Canada ont répondu au sondage qui a révélé que 52,7 % de l’ensemble du personnel des salles de presse étaient des femmes, mais que celles-ci étaient surreprésentées dans les postes à temps partiel et les stages. Il a également révélé une importante sous-représentation des membres des minorités visibles dans le secteur. La CAJ prévoit de publier un rapport actualisé plus tard cet automne.

Les plus récentes données sur la diversité

Le rapport d’Osler sur les Pratiques de divulgation en matière de diversité 2022 révèle que le pourcentage d’administratrices de sociétés de médias et de communications inscrites à la cote de la TSX était de 31 % au milieu de l’année 2022 (par rapport à 29 % en 2021). Ce secteur n’est dépassé que par celui des services publics et des pipelines, qui a affiché un taux de 37 %. Bien que la proportion de femmes siégeant aux conseils d’administration des sociétés de médias et de communications soit considérablement supérieure à la moyenne de 25 % pour l’ensemble des sociétés inscrites à la cote de la TSX (selon les données divulguées par 635 sociétés), il demeure inférieur par rapport à la moyenne de 36 % calculée pour les conseils d’administration des sociétés de l’indice S&P/TSX 60. Par conseil d’administration, on comptait 3,2 femmes siégeant au conseil de sociétés de médias et de communications au milieu de 2022, en baisse par rapport à 2,87 en 2021.

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes administratrices en 2022

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes administratrices en 2022

Au milieu de 2022, le pourcentage de femmes à la haute direction de sociétés de médias et de communications s’élevait à 24 %, soit en légère baisse par rapport au 25 % en 2021. Cette proportion se situe en deçà de la moyenne calculée pour les sociétés inscrites à la cote de la TSX (selon les données divulguées par 582 sociétés) et est égale à la moyenne calculée pour les les sociétés du S&P/TSX 60, soit 20 % pour les premières et 24 % pour les secondes. Par conseil d’administration, le nombre de femmes occupant des postes de haute direction dans le secteur était de 2,25 au milieu de 2022.

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes à la haute direction en 2022

Répartition du nombre et du pourcentage de femmes à la haute direction en 2022

Évolution des tendances depuis 2015

Un examen des résultats des sondages d’Osler de 2015 à 2021 révèle une hausse constante de la représentation des femmes au conseil d’administration des sociétés de médias et de communications (passant de 18 % à 31 %), soit une amélioration de plus de 50 % en sept ans.

Même si l’augmentation n’a pas été aussi linéaire, le pourcentage de femmes occupant des postes de haute direction dans des sociétés de médias et de communications s’est grandement amélioré, passant de 13,2 % en 2015 à 24 % en 2022.

de femmes à la haute direction en 2022