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The Mergers & Acquisitions Review: Canada (12e édition)

Auteur(s) : Emmanuel Pressman, Jeremy Fraiberg, Robert M. Yalden

Le 16 octobre 2018

Après un début d’année morose en 2016, le marché canadien des fusions-acquisitions a repris de la vigueur au deuxième semestre de 2016 et en 2017, porté par la solide croissance économique au Canada et aux États-Unis. Avec le rythme de l’activité, 2 991 opérations ont été annoncées en 2017, ce qui représente une hausse par rapport aux 2 685 opérations annoncées en 2016. Au cours de cette période, la répartition des opérations par segment a évolué. La valeur totale des opérations annoncées en 2017, soit 252 milliards de dollars canadiens, était en baisse de 24 % par rapport à la valeur totale en 2016 (331,5 milliards de dollars canadiens), ce qui révèle que le volume des mégaopérations a été inférieur, mais que le marché intermédiaire a connu une nette hausse d’activité.

Le secteur le plus actif en ce qui a trait au nombre d’opérations en 2017 est celui des métaux et des mines, avec 453 opérations annoncées. Cependant, le secteur des services publics a été le plus dynamique du point de vue de la valeur des opérations, puisqu’il représente environ 55 milliards de dollars canadiens, dont une grande part est imputable à plusieurs mégaopérations annoncées. Celles-ci comprennent l’acquisition pour 22 milliards de dollars canadiens de Calpine Corporation (le plus gros producteur d’électricité à partir de gaz naturel et de ressources géothermiques en Amérique) par Energy Capital Partners et un consortium dirigé par l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada (l’Office d’investissement du RPC) et Access Industries, l’acquisition pour 6,7 milliards de dollars canadiens d’Avista Corporation par Hydro One, et l’acquisition pour 6,3 milliards de dollars canadiens d’un portefeuille d’actifs asiatiques d’énergies renouvelables éoliennes et solaires appartenant à Equis Funds Group par un consortium dirigé par Global Infrastructure Partners III, en partenariat avec l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public (Investissements PSP) et CIC Capital Corporation.

Le secteur de l’énergie a également été très actif, puisqu’il s’y est conclu 204 opérations, dont plusieurs mégaopérations, par exemple, l’acquisition pour 18 milliards de dollars canadiens par Cenovus Energy des actifs de ConocoPhillips, qui comprenaient une participation de 50 % dans FCCL (une coentreprise de sables bitumineux exploitée par Cenovus) et l’acquisition pour 7,1 milliards de dollars canadiens par Pembina Pipeline Corporation de Veresen. D’autres secteurs où une activité soutenue a été observée sont des piliers classiques du marché canadien des fusions-acquisitions, comme les services financiers et l’immobilier, mais l’activité a également été particulièrement intense dans les secteurs de plus en plus dynamiques de la technologie de l’information et des soins de santé, ainsi que dans le secteur des produits de consommation de base.

Les tendances qui caractérisent les fusions-acquisitions au Canada sont devenues encore plus évidentes en 2017; par exemple, les sociétés sont demeurées actives dans leurs efforts d’expansion à l’international. Ainsi, quelque 847 opérations annoncées en 2017 concernaient des fusions-acquisitions d’entreprises étrangères, tandis que 539 opérations annoncées concernaient des fusions-acquisitions d’entreprises canadiennes. Ce ratio de 1,6 pour 1 est un peu plus élevé qu’en 2016. Même si on entend souvent des gens s’inquiéter de l’acquisition d’entreprises canadiennes par des entreprises étrangères, la réalité est que pendant de nombreuses années, il y a eu beaucoup plus de fusions-acquisitions d’entreprises étrangères par des entreprises canadiennes que l’inverse, surtout en ce qui concerne le volume d’opérations. Certains des moteurs de cette activité demeurent les caisses de retraite canadiennes, ces dernières étant toujours actives et prenant souvent les rênes dans des opérations d’envergure à l’étranger visant l’acquisition d’actifs offrant des perspectives de rendement stable. Outre les quelques exemples mentionnés ci-dessus auxquels ont participé l’Office d’investissement du RPC et Investissements PSP, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) s’est associée au premier trimestre, non seulement à Suez SA en vue de l’acquisition pour 4,5 milliards de dollars canadiens de GE Water, mais également à KKR & Co en vue de l’acquisition pour 5,8 milliards de dollars canadiens d’USI Insurance Services auprès d’Onex Corporation. Au quatrième trimestre 2017, la CDPQ s’est associée à CKD Infraestructura pour l’acquisition d’un portefeuille d’actifs de production d’énergie renouvelable au Mexique appartenant à Enel Green Power Mexico pour 1,7 milliard de dollars canadiens.

Une autre tendance qui avait attiré notre attention dans la dernière édition de la publication The Mergers & Acquisitions Review et qui s’est maintenue en 2017 est l’importance des fusions-acquisitions sur le marché intermédiaire. Comme nous l’avons mentionné, une part importante de l’augmentation du nombre d’opérations annoncées en 2017 était imputable à ce segment du marché, et tout porte à croire que cette situation demeurera une caractéristique essentielle du marché canadien des fusions-acquisitions, non seulement à l’échelle nationale, mais également internationale.

TÉLÉCHARGER: The Mergers & Acquisitions Review: Canada

Reproduit avec la permission de Law Business Research Ltd. L’extrait de cet article a d’abord paru dans la publication The Mergers & Acquisitions Review, Edition 12 (paru en août 2018 – éditeur Mark Zerdin). Ce bilan est disponible en anglais seulement.


Les auteurs souhaitent souligner la contribution de leurs associés et collaborateurs Patrick Marley et Shuli Rodal. Les auteurs (sauf R. Yalden) souhaitent également remercier Robert Yalden pour son inestimable contribution au cabinet, son amitié et son partenariat. Après près de 30 ans, Robert prend sa retraite pour intégrer la faculté de droit de l’Université Queen’s en tant que premier titulaire de la chaire de recherche Stephen Sigurdson en droit et financement des sociétés.

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