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L’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario met en garde un médecin contre les publications « irresponsables » sur les médias sociaux concernant la COVID-19

Auteur(s) : Paula Trattner, Aislinn E. Reid, Hannah Kingdom

Le 8 mars 2021

Dans notre plus récent bulletin d’actualités Osler, nous avons souligné certains risques et fait part de certaines considérations à l’intention des hôpitaux et autres organisations de soins de santé au sujet des commentaires émis publiquement par des médecins sur des questions relatives à la pandémie (que ce soit par l’intermédiaire d’un organe de presse ou d’un bulletin d’information ou sur les réseaux sociaux). Dans trois[1] décisions rendues publiques la semaine dernière, le CEPR de l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario a jugé inexacts et trompeurs certains commentaires publiés par un médecin et conclu qu’ils présentaient un risque potentiel pour la santé publique.

Le CEPR a adressé trois mises en garde en personne au médecin à la suite de multiples plaintes à l’égard de ses publications sur Twitter, qui contredisaient les avis de santé publique et la réglementation relative aux pandémies ou les remettaient en question. Dans plusieurs gazouillis (et gazouillis partagés) pendant l’été de 2020, le médecin (un pédiatre ayant reçu une formation additionnelle en immunologie et en allergologie) a prétendu, entre autres choses, qu’aucune raison médicale ou scientifique ne justifiait le recours au confinement comme moyen de maîtriser la propagation de la COVID-19; que la recherche des contacts, les tests de dépistage et l’isolement étaient inefficaces; et qu’aucun vaccin n’était nécessaire. 

Après avoir mené une enquête prenant en considération les plaintes formulées à propos des gazouillis, le CEPR a exigé que le médecin se présente devant l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario afin d’y recevoir une mise en garde en raison de son manque de professionnalisme et de son manquement au devoir de prudence dans ses publications sur les réseaux sociaux, ce que le CEPR à qualifié d’« irresponsable ».

Le CEPR a jugé que les gazouillis présentaient un « risque possible » pour la santé publique, en qualifiant chacun d’eux d’inapproprié ou contraire au devoir de professionnalisme. Il a rejeté les arguments du médecin selon lesquels ses gazouillis ont été sortis de leur contexte et provenaient d’un compte Twitter « personnel ». D’une part, selon le CEPR, les gazouillis offrent nécessairement un contexte limité. D’autre part, le compte Twitter du médecin était accessible au public et indiquait manifestement qu’elle était médecin. En outre, tout profane en médecine parmi le grand public aurait « probablement du mal à évaluer la validité scientifique et médicale des gazouillis [du médecin] ».

Le CEPR a par ailleurs estimé que rien ne différenciait la publication d’un gazouillis original de celle d’un gazouillis partagé puisque les deux actions démontraient l’adhésion de l’auteur à leur contenu. En outre, la responsabilité des médecins d’utiliser les réseaux sociaux de façon appropriée s’applique également dans chaque cas.

Les décisions du CEPR tiennent compte de la prépondérance des commentaires émis, pendant la pandémie, par les membres des professions de la santé réglementées et des conséquences potentielles pour la santé publique de toute information trompeuse. Même si le médecin mis en garde par le CEPR ne détient apparemment pas de privilèges dans un hôpital de l’Ontario, les décisions du CEPR soulignent l’importance, pour les hôpitaux et autres organisations de soins de santé, du respect par les médecins de leurs obligations professionnelles lorsqu’ils formulent publiquement des commentaires, et mettent en lumière les conséquences qui en résultent dans le cas contraire (notamment le risque d’atteinte à la réputation des organisations).

Pour de plus amples renseignements sur l’un des sujets abordés ci-dessus ou sur d’autres questions liées à la santé, veuillez communiquer avec l’un des auteurs.

 

[1] Le médecin a fait appel de deux des trois décisions auprès de la Commission d’appel et de révision des professions de la santé.