La très honorable Beverley McLachlin prononce le discours principal lors d’un événement du Réseau des avocates d’Osler

Le 5 novembre 2019

Le Réseau des avocates d’Osler milite pour promouvoir la diversité et appuyer les femmes en organisant des activités qui favorisent le partage de connaissances, le réseautage et la discussion tout en permettant de prendre connaissance des expériences vécues par des femmes extraordinaires et d’en tirer des leçons.

Dans cette optique, le Réseau a tenu le 10 octobre 2019 le 5e événement annuel à l’intention des femmes, une réception très attendue dont le discours principal a été prononcé par la très honorable Beverley McLachlin – sans contredit l’une des femmes les plus remarquables du Canada. Beverley a agi à titre de juge en chef de la Cour suprême du Canada de 2000 à 2017. Première femme juge en chef du Canada, elle a également marqué l’histoire du pays en occupant ce poste plus longtemps que tout autre titulaire.

Après avoir quitté la magistrature, Beverley s’est tournée vers l’écriture. Sa première œuvre, une intrigue judiciaire dont il a récemment été question dans une entrevue conjointe du Globe and Mail avec John Grisham, ex-avocat et auteur prolifique, a été suivie de la publication récente de ses mémoires. Truth Be Told: My Journey Through Life and the Law offre un regard intime sur la vie de l’auteure, de sa jeunesse dans le piémont de l’Alberta à son accession inédite au poste de juge en chef de la Cour suprême du Canada, où elle a agi de façon déterminante sur le tissu social et moral du pays.

L’énergie était palpable alors que Beverley s’est adressée à une salle comble d’associés, de sociétaires, de membres du personnel, d’employés, d’étudiants et de clients d’Osler. Dans son discours d’ouverture, Doug Bryce, associé directeur national, a souligné qu’il s’agissait de la première fois que le centre de conférence du cabinet était réservé au complet pour un seul événement.

Lisant des extraits de son livre témoignant des difficultés qu’elle a parfois vécues à titre de femme dans le domaine du droit, notre inspirante juriste a couvert un vaste éventail de sujets. Elle a commencé par remettre ses réalisations en contexte en rappelant au public l’importance de l’affaire « personne » de 1929. Dans cette affaire, cinq femmes albertaines ont réclamé au Conseil privé le droit d’être reconnues comme « personnes » et donc d’exercer des fonctions officielles, une décision décriée dans les journaux de l’époque comme le début du déclin de la société.

Le reste du discours de Beverley a été pimenté d’anecdotes sur les obstacles qu’elle a dû franchir pour exercer une profession dominée par les hommes et accéder au poste de juge en chef de la Cour suprême. Avec autodérision, elle a décrit l’avenir peu prometteur auquel la destinaient les résultats d’un test d’aptitudes en huitième année. À l’école, on lui a dit qu’elle avait obtenu un score très élevé pour ce qui est de retenir l’information acquise par la lecture, mais que cette compétence ne lui servirait pas à grand-chose en tant que fille. Pire encore, on lui a également dit que le score très faible qu’elle avait obtenu en vivacité intellectuelle faisait d’elle une candidate inadéquate pour la plupart des six options de carrière offertes aux femmes de cette époque : enseignante, infirmière, secrétaire, téléphoniste, serveuse et épouse et mère au foyer. 

Ne se laissant pas décourager, Beverley a obtenu un diplôme de premier cycle en philosophie à l’Université de l’Alberta, à Edmonton. Diplôme en poche, elle souhaitait d’abord entrer sur le marché du travail et ensuite enseigner. C’est alors qu’un proche lui a suggéré d’envisager des études en droit, une option qui ne lui avait jamais traversé l’esprit puisqu’il était impensable qu’une femme puisse être avocate. Beverley a donc fait parvenir une lettre au doyen de la faculté de droit de l’Université de l’Alberta pour lui demander de l’information sur le programme. À sa grande surprise, au lieu d’une trousse d’information, c’est une lettre d’admission qu’elle a reçue par la poste. Ironiquement, Beverly affirme que son admission était l’une des premières mesures prises en matière d’action positive.  

La classe de Beverly à la faculté de droit ne comptait que cinq ou six femmes, et même si elle s’était classée première, elle a vite compris que selon le point de vue général, les femmes mariées ne devaient pas travailler à l’extérieur de la maison. Ultimement, elle a réussi à titre d’avocate et de professeure jusqu’à ce qu’elle devienne juriste. En 1989, elle est la troisième femme à avoir prêté serment à la Cour suprême du Canada. Pourquoi avons-nous mis autant de temps pour en arriver là? Et qu’est-ce qui nous retient encore? Voilà les questions que se pose Beverley McLachlin. Le public a réagi en riant lorsqu’elle a raconté que lors de sa cérémonie d’assermentation, la très honorable Bertha Wilson, l’une des deux autres femmes de la Cour, a dit « Et il en restait six. ». 

Alors qu’elle était juge, Beverley a défendu des causes importantes, comme l’accès à la justice, le mariage entre conjoints du même sexe, la vérité et la réconciliation, et l’aide médicale à mourir. Elle est fière du chemin parcouru, mais précise que dans bien des domaines il y a encore beaucoup de travail à faire. Depuis la fin de sa carrière de juge, elle continue de militer pour le changement et a gagné des adeptes de tous les horizons, dont le domaine juridique.

Le discours de Beverley a été suivi d’une période de questions. Les représentants d’Osler ne se sont pas fait prier pour saisir cette occasion et ont posé des questions sur de nombreux sujets à l’ex-juge en chef, allant du cas dont elle est la plus fière (elle a mentionné le Renvoi sur la sécession du Québec) à ses modèles de rôle, en passant par la qualité la plus importante qu’un nouvel avocat ou une nouvelle avocate peut contribuer à la profession (réponse : la résilience. Celle qui a passé sa jeunesse sur un ranch a appris très tôt que la vie n’était pas facile).

Après avoir remercié Beverley pour son allocution, Sonia Bjorkquist, présidente du secteur national du litige d’Osler, a noté que l’ex-juge en chef avait touché chacun des membres du public à titre d’avocate, de juge et de leader.

Colleen Moorehead, chef de la direction client chez Osler, a ensuite invité les personnes présentes à visiter le marché d’Osler et à échanger avec les femmes à l’origine de cet espace exceptionnel pour découvrir les produits et les services offerts par des entrepreneures.

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