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Conseiller spécial, Ottawa
Le coût accru de l’essence et du pétrole deviendra la nouvelle norme à la suite de la guerre en Iran. Dans le même temps, le secteur énergétique canadien bénéficiera d’une hausse significative de ses revenus, explique Stephen Poloz, conseiller spécial chez Osler, dans un entretien avec Amanda Lang sur WONK, le balado du Forum des politiques publiques.
Cela contraste avec 2015, année où le choc énergétique avait entraîné un recul du secteur. « À l’époque, l’emploi avait baissé dans le secteur de l’énergie et était resté stable dans le secteur de la fabrication, alors même que l’économie était en croissance », explique Stephen. « Les emplois dans les secteurs les plus productifs de l’économie ont été remplacés par des emplois dans le secteur public représentant environ 3 % du PIB canadien. C’est un effet d’éviction majeur. »
Stephen estime que la nouvelle approche du gouvernement fédéral conduira à une réduction du déficit budgétaire. « Aujourd’hui, le gouvernement réduit le nombre de postes dans la fonction publique et le budget est dominé par des dépenses ou des investissements catalyseurs », explique-t-il. « L’argent n’est dépensé que si le secteur privé apporte des fonds, qu’un promoteur se présente et que le projet se concrétise. Cela signifie que l’argent public n’est dépensé que dans un contexte où le PIB augmente davantage que le montant investi par le gouvernement, ce qui entraînera une augmentation des recettes fiscales. »
« Tous les déficits des budgets fédéraux seront réduits, soit parce que l’argent ne sera pas dépensé si aucun acteur du secteur privé n’est trouvé, soit parce qu’il le sera, ce qui générera des recettes fiscales supérieures à celles prévues dans le budget. Cette approche améliorera nos indicateurs de productivité. »
Une volatilité complexe
Stephen affirme que la volatilité économique actuelle devient de plus en plus complexe. « Les chocs se présentent sous de multiples formes, tous en même temps », explique-t-il. « Le plus grand risque réside dans la géopolitique et l’incertitude qu’elle engendre quant à l’avenir du commerce et à celui de l’ACEUM. Si votre entreprise dépend de l’ACEUM pour fonctionner, vous n’investissez dans rien pour le moment. La priorité numéro un des décideurs politiques est actuellement de dissiper cette incertitude dans la mesure du possible. »
Pour compenser les dommages d’environ 2 % causés à notre économie par les politiques commerciales américaines, Stephen estime que le Canada devra créer de nouvelles occasions d’affaires. « Il est évident que nous allons augmenter nos dépenses de défense, alors autant renforcer nos capacités de défense en même temps afin de garder une plus grande partie de l’argent ici et de créer davantage d’emplois ici », dit-il. Les minéraux critiques constituent un autre domaine à développer davantage.
En ce qui concerne la quatrième révolution industrielle, engendrée par la numérisation et l’IA, Stephen estime que le Canada devrait s’y engager à toute vitesse, en offrant des incitatifs exceptionnels aux entreprises pour qu’elles investissent dans ces nouvelles technologies.
« Nous étions à la traîne lors de la troisième révolution industrielle », dit-il. « Cette fois-ci, nous devrions la promouvoir pour qu’elle se déroule très rapidement, tout en offrant des garanties à celles et ceux qui seront touchés par ces changements. Nous pouvons remédier à de nombreux maux en favorisant une augmentation de 10 % à 15 % du PIB par habitant en embrassant cette révolution dès maintenant plutôt que d’attendre 10 ans pour nous lancer. »
Regardez l’intégralité de l’entretien avec l’animatrice Amanda Lang, publié le 8 avril 2026.
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