Auteurs : Michael Grantmyre et Ryan Unruch
Renseignements sur les évaluations et les investissements : financementspar actions privilégiées
Évaluation aux fins de financement, par année
Le graphique qui suit illustre l’orientation des évaluations par la présentation de la proportion de tours haussiers, de tours baissiers et de tours stables pour les financements répertoriés dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération. En 2025, le contexte des évaluations s’est avéré plus favorable qu’en 2023 et en 2024, années marquées par un marché plus difficile. La proportion de tours haussiers a augmenté pour atteindre 76,3 % (contre 73,4 % en 2024), tandis que celle des tours baissiers a reculé à 11,3 %, se rapprochant des niveaux de 2022 (7,1 %) et en baisse par rapport à leur pic de 2023 (26,1 %). Cette évolution vers une proportion supérieure de tours haussiers reflète la vigueur continue des évaluations des entreprises canadiennes en démarrage. Les États-Unis ont connu une évolution similaire, les tours baissiers représentant environ 13 % à 15 % du marché (retrouvant les niveaux de 2022), parallèlement à une augmentation des tours stables (à environ 13 %).
Si l’on examine les résultats par secteur d’activité, les entreprises du secteur de l’IA ont enregistré des tours haussiers à un rythme près de deux fois supérieur à celui de tout autre secteur, tout en ne représentant que 11,1 % des tours baissiers, ce qui souligne encore davantage le fait qu’en 2025, les entreprises du secteur de l’IA évoluaient dans un environnement d’évaluation fondamentalement différent de celui des entreprises financées par du capital de risque dans d’autres secteurs. En 2025, les investisseurs étaient prêts à payer une prime pour l’IA, tandis que les autres secteurs faisaient l’objet d’une plus grande vigilance. Le secteur de la consommation et du commerce de détail a constitué une autre exception, ne représentant que 4,9 % des tours haussiers, mais une part disproportionnée de 22,2 % des tours baissiers. Le secteur des technologies financières a affiché une tendance similaire, représentant 16,4 % des tours haussiers contre 22,2 % des tours baissiers, ce qui reflète les défis persistants liés à la hausse des taux d’intérêt et au resserrement des conditions de crédit.
Les tours stables sont devenus une caractéristique plus courante du marché, se maintenant à environ 12 % depuis 2024. Avant 2023, ces tours étaient nettement moins fréquents, ce qui suggère un changement structurel vers une stabilité des évaluations plutôt que vers des réévaluations à la baisse. Les entreprises du secteur des technologies propres ont représenté 30 % de l’ensemble des tours stables, soit trois fois leur part dans les tours haussiers, ce qui indique que les investisseurs maintiennent leurs positions sans revoir les évaluations à la hausse.
L’analyse des données selon le tour de financement a révélé une tendance à la reprise des financements de croissance ultérieure, où les financements de série C et de série D ont tous deux connu une forte augmentation du pourcentage de tours haussiers par rapport aux niveaux de 2024 (avec une hausse de 45,5 % et 57,3 % respectivement), à mesure que les évaluations de croissance ultérieure commençaient à se normaliser. Malgré cela, les financements de série D et suivantes ont continué à enregistrer le plus fort pourcentage de tours baissiers (23,1 %). Les financements de début de croissance ont affiché une tendance différente : alors qu’aucun des financements d’amorçage n’a donné lieu à un tour baissier, 26,7 % d’entre eux ont été des tours stables, ce qui indique un réajustement des évaluations d’entrée. Les financements de série B sont apparus comme le principal point de tension en 2025, les entreprises qui avaient pu lever des capitaux à des évaluations supérieures au plus fort du marché en 2021-2022 étant désormais confrontées à ce titre à des corrections en 2025, ce qui a entraîné la plus forte augmentation des tours baissiers de toutes les séries (en hausse de 67 % par rapport aux niveaux de 2024; représentant 16,7 % des financements de série B).
*Le graphique ne présente que les données de 2025.
Montant total des investissements, selon le tour de financement (en M$ US)
Le graphique qui suit indique le montant total des investissements (y compris les fonds remis à la clôture initiale et aux clôtures subséquentes dans le cadre d’une même opération), exprimé en dollars américains, selon le tour de financement, pour les financements réalisés de 2021 à 2025. Conformément aux données publiées par la CVCA (disponible en anglais seulement), les financements de croissance ultérieure (c.-à-d. les financements de série C et suivantes) ont représenté environ 74,9 % des capitaux investis en 2025 (mais seulement 17,1 % des tours).
Le montant total des investissements répertoriés pour 2025 dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération s’est élevé à 4,5 milliards de dollars américains, soit le montant annuel le plus élevé de toutes les années couvertes par le rapport. En 2025, 74,1 % de l’ensemble des capitaux était concentré dans deux secteurs : l’IA (2,4 milliards de dollars américains, soit plus de la moitié de l’ensemble des capitaux levés) et les technologies financières (0,9 milliard de dollars américains), et 74,9 % de l’ensemble des capitaux ont été investis dans des opérations de croissance ultérieure (série C – 1,4 milliard de dollars américains et série D – 1,9 milliard de dollars américains). L’augmentation des investissements dans les entreprises du secteur de l’IA entre 2024 et 2025 (1,4 milliard de dollars américains, soit une hausse de 45,7 %) a dépassé le total des capitaux levés par tout autre secteur, démontrant une fois de plus que les entreprises du secteur de l’IA réalisent des tours plus importants à des évaluations supérieures et évoluent dans un environnement fondamentalement différent.
Montant moyen et médian des investissements, selon le tour de financement (en M$ US), par année
Comme l’indique le diagramme qui suit, en 2025, le montant moyen des investissements, selon le tour de financement, s’est établi comme suit : tour d’amorçage – 3,1 millions de dollars américains; tour de série A – 12,9 millions de dollars américains; tour de série B – 23,0 millions de dollars américains; tour de série C – 140,4 millions de dollars américains; et tour de série D et suivantes – 140,1 millions de dollars américains. La dynamique la plus notable en 2025 concerne les financements de série C, où l’écart important entre le montant moyen (140 millions de dollars américains) et le montant médian (52,4 millions de dollars américains) montre que le montant total des financements repose sur un petit nombre de mégatours exceptionnels. Cela correspond à la concentration dans le secteur de l’IA : une poignée d’entreprises d’IA au stade de financement de série C a fait grimper la moyenne, tandis que la médiane reflète des financements par capital de croissance plus typiques. Combiné à la constatation précédente selon laquelle, en 2025, 80 % de tous les tours de série C étaient des tours haussiers, cette même année, les financements de série C ont constitué un point d’inflexion clé tant pour les fondateurs que pour les investisseurs, les investisseurs déployant des capitaux plus importants par tour, à des conditions plus avantageuses.
Comme l’illustre le graphique ci-dessous, en 2025, le montant médian des investissements a varié selon le tour de financement : tour d’amorçage – 2,4 millions de dollars américains; tour de série A – 10,1 millions de dollars américains; tour de série B – 15,0 millions de dollars américains; tour de série C – 52,4 millions de dollars américains; et tour de série D et suivantes – 38,5 millions de dollars américains. L’écart entre le montant moyen et le montant médian des investissements indique qu’un petit nombre d’entreprises à un stade ultérieur de croissance concluent des tours disproportionnés par rapport à leurs homologues.
Si, à titre de comparaison, on examine les données publiées par Carta (disponibles en anglais seulement) sur le montant médian des investissements selon le tour de financement, on constate que, comme le montre le tableau ci-dessous, le montant médian des financements au Canada est, dans tous les cas, inférieur à celui des financements aux États-Unis, sauf les tours de série C. En effet, le montant médian des investissements rapportés par Carta était de 4,5 millions de dollars américains pour les tours d’amorçage, de 13,5 millions de dollars américains pour les tours de série A, de 24,5 millions de dollars américains pour les tours de série B, de 42,6 millions de dollars américains pour les tours de série C et de 50 millions de dollars américains pour les tours de série D. Si l’on compare les montants médians des investissements au Canada et ceux des investissements aux États-Unis, on constate que la taille des financements de début de croissance a largement convergée sur les deux marchés. En ce qui concerne les tours d’amorçage, le montant médian des investissements au Canada est resté légèrement inférieur, se situant à environ 70 % du montant médian des investissements aux États-Unis; cependant, dès les tours de série A et de série B, le montant médian des investissements au Canada est presque égal à celui des investissements aux États-Unis, ce qui suggère que les entreprises en croissance au nord de la frontière réalisent des tours qui sont concurrentiels par rapport à ceux de leurs homologues américains.
La situation change aux stades ultérieurs. En 2025, le montant moyen des financements de série C et de série D et suivantes réalisés au Canada a dépassé le montant médian des investissements aux États-Unis, mais les données sous-jacentes révèlent une réalité plus nuancée. En ce qui concerne les financements de série C, même le montant médian des investissements au Canada (52,4 millions de dollars américains) a dépassé celui des investissements aux États-Unis (42,6 millions de dollars américains), ce qui souligne qu’en 2025, une poignée d’éminents tours de financement de croissance ultérieure, notamment le financement de série C record de 750 millions de dollars américains de Waabi, a fait grimper considérablement le montant moyen des financements de croissance ultérieure.
Entretien avec Benjamin Alarie (Blue J)
Les clients d’Osler nous font part de leurs réussites.
Visionnez l’entretienMontant moyen et médian des évaluations postfinancement, selon le tour de financement (en $ US)
Le graphique qui suit indique le montant moyen et le montant médian des évaluations de préfinancement des entreprises ayant réalisé un tour de financement répertorié dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération en 2025, selon le tour de financement. La caractéristique la plus frappante est l’écart significatif entre le montant moyen et le montant médian des évaluations des entreprises ayant réalisé un tour de série C en 2025. Le montant moyen a fortement augmenté pour atteindre 1,25 milliard de dollars américains (soit une hausse d’environ 713 % par rapport à 2024), tandis que le montant médian a atteint 286 millions de dollars américains (soit une hausse d’environ 185 %). Cet écart s’explique par un petit nombre de mégatours de série C atypiques qui faussent considérablement la moyenne.
Montant moyen et médian des évaluations postfinancement, selon le tour de financement (en $ US)
Le graphique qui suit indique le montant moyen et le montant médian des évaluations postfinancement des entreprises ayant réalisé un financement répertorié dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération en 2025, selon le tour de financement. À titre de comparaison, nous indiquons les montants médians des évaluations postfinancement des entreprises ayant réalisé un financement aux États-Unis publiés par Carta. À l’exception des financements de série B et de série C, les montants en question étaient supérieurs à ceux des entreprises ayant réalisé un financement répertorié dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération.
En examinant les données relatives aux évaluations postfinancement par secteur, on constate que, en 2025, les entreprises du secteur de l’IA ont continué à bénéficier d’évaluations supérieures à la moyenne, peu importe le tour de financement : cela témoigne du vif intérêt des investisseurs pour les occasions liées à l’IA. Cet écart par rapport à la moyenne était particulièrement marqué pour les financements de croissance ultérieure (c.-à-d. à partir des financements de série C), où le montant médian des évaluations des entreprises du secteur de l’IA a dépassé largement celui du marché dans son ensemble (le montant médian des évaluations postfinancement des entreprises du secteur de l’IA étant 3,3 fois supérieur à celui des entreprises du secteur des technologies de l’information ayant réalisé un financement de série C, et 3,6 fois supérieur à celui des entreprises de ce secteur ayant réalisé un financement de série D et suivantes).
Effet de dilution moyen et médian, selon le tour de financement
Le graphique qui suit indique l’effet de dilution moyen et l’effet de dilution médian subis par les entreprises ayant réalisé un financement répertorié dans le Rapport sur les éléments clés d’une opération en 2025. À titre de comparaison, nous y présentons les données publiées par Carta (disponibles en anglais seulement) sur l’effet de dilution médian subi par les entreprises ayant réalisé un financement aux États-Unis.
Comme l’indiquent les graphiques sur les évaluations présentés dans les pages précédentes, en ce qui concerne les évaluations de pré-financement, les résultats de 2025 ont été mitigés par rapport à ceux de 2024, les valeurs moyennes et médianes selon le tour de financement ayant augmenté dans certains cas et diminué dans d’autres. Malgré cela, comme le montre le tableau ci-dessous, l’année 2025 a été marquée par une réduction de l’effet de dilution à chaque stade de financement. Lorsque l’on va plus loin dans l’analyse des données, on constate que l’effet de dilution a eu tendance à diminuer à chaque tour de financement ayant connu une baisse de l’évaluation de pré-financement, principalement parce que les entreprises à ce stade ont levé moins de capitaux, en particulier dans le cas des tours d’amorçage, de série B et de série D et suivantes, où le montant moyen des investissements a généralement diminué. Dans d’autres cas, comme pour les tours de série A et de série C, l’effet de dilution a diminué parce que les entreprises ont levé des capitaux à des évaluations nettement supérieures en 2025, par rapport aux capitaux investis.
Si l’on examine les données par secteur d’activité, sauf pour les tours de série C, les entreprises du secteur de l’IA ont connu à chaque tour un effet de dilution médian inférieur à celui de tous les autres secteurs. Lors des tours de début de croissance (tours d’amorçage et de série A), les entreprises du secteur de la santé et des sciences de la vie ont enregistré l’effet de dilution médian le plus élevé, ce dernier ayant dépassé d’environ 3 % à 5 % celui de tous les autres secteurs.